
La consolidation de la démocratie passe inévitablement par le renforcement des institutions à la base. C’est dans cette perspective que le Chef de l’État, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, en sa qualité de garant du bon fonctionnement des institutions, ne cesse d’insister sur l’importance du processus de décentralisation en République Démocratique du Congo et de l’achèvement du processus électoral.
La décentralisation constitue en effet l’un de fondements de la gouvernance démocratique. Elle rapproche l’administration des administrés et permet une participation effective des citoyens à la gestion des affaires publiques locales. À juste titre, l’on peut affirmer que la décentralisation est à la démocratie ce que l’école primaire est à l’université : elle en constitue la base et le socle indispensable.
Dans cette logique, les élections au niveau locale organisées en 2023 ont marqué un tournant historique dans la vie institutionnelle du pays. Pour la première fois, les citoyens ont eu l’opportunité d’élire les conseillers communaux appelés à siéger dans nos communes(le parlement de la commune). Cette avancée démocratique s’inscrit dans l’esprit de la Constitution de la République Démocratique du Congo de 2006, qui consacre la commune comme une entité territoriale décentralisée dotée de la personnalité juridique et jouissant d’une autonomie de gestion et financière.
Cependant, force est de constater que malgré cette avancée institutionnelle, les conseils communaux plusieurs à travers le pays éprouvent aujourd’hui des difficultés à fonctionner normalement. L’absence de prise en charge adéquate et le manque de collaboration avec les bourgmestres nommés. Cette situation compromet l’efficacité de ces organes pourtant essentiels à la démocratie locale.
C’est dans ce contexte que le télégramme de Son EXcellence Monsieur le Vice premier ministre, Ministre de l’Interieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, rappelant la nécessité d’assurer la prise en charge des conseillers municipaux et de faciliter le fonctionnement des conseils communaux, mérite une attention particulière.
Ainsi, dans le respect de la vision du Chef de l’État et de l’esprit de la Constitution de 2006, il est impératif que les gouverneurs de provinces s’emploient à appliquer strictement ces instructions afin de garantir le fonctionnement effectif des conseils municipaux.
Par ailleurs, il demeure essentiel de poursuivre le processus de décentralisation par l’organisation effective des élections municipales, qui permettront de compléter l’architecture institutionnelle locale et de renforcer davantage la gouvernance de proximité.
La démocratie ne se construit pas au sommet de l’État ; elle se consolide surtout à la base. Donner aux communes les moyens de fonctionner, c’est donner à la démocratie congolaise les racines nécessaires pour croître et se pérenniser.
La décentralisation n’est pas seulement un système de gestion : elle est une exigence démocratique et un engagement envers le peuple congolais.
Jérémie NGANGA
juriste en formation.
